En pause

Une petite année

L’autre jour, alors que je rentrais du taf, j’ai réalisé que ça faisait bientôt un an que je m’étais faite ponctionner pour la dernière fois (genre je l’ai fait 50 fois, mais non, juste deux). Le souvenir de la veille de ponction m’est revenu dans la gorge avec un goût de bile, petit reliquat de la tristesse et du désespoir qui m’avaient fait pleurer une partie de la journée (dont 2 heures au téléphone).

Et ce jour là, coïncidence? (je ne pense pas), un courrier m’attendait dans la boite aux lettres.

Un courrier qui commence par

« Lors de la fécondation in vitro du 25/11/2014

Nous avons pu congeler 4 embryon(s)

A ce jour il reste 4 embryon(s) »

Et voilà, on y est, un an déjà…

Donc on nous demande ce qu’on souhaite faire de nos magnums, avec des petites cases à cocher et tout.

  1. Confirmer le maintien de conservation d’embryons
  2. Révoquer cette conservation

Comme on a toujours l’intention de révoquer, les choix sont de

  1. Destruction -> nan mais ça va pas la tête??
  2. Don recherche -> option déjà plus convenable mais faut avouer que psychologiquement, c’est pas entendable pour moi. C’est très personnel et peut être complètement ridicule, mais ça a pour moi un petit côté dissection qui me fait frémir.
  3. Don pour accueil -> ils précisent que nous serons alors contactés pas le « centre AMP gérant régionalement l’accueil d’embryons ».

Reste à m’assurer que ça ne se passera pas comme à La Réunion avec une cryogénie de 2 siècles vu que les embryons donnés là bas ne sont pas redistribués (vraiment bien organisé leur truc).

J’avoue que le courrier traîne depuis 3 semaines sur le bureau sans que je me décide à faire signer Pouêt (je suis en train de le perdre d’ailleurs, je serais pas étonnée qu’il se mettre à construire une cabane à chat dans le bout de jardin qu’il nous reste).

 

Et pour coller à l’actualité et se moquer un peu des décérébrés qui sévissent (faut quand même vraiment pas être malin pour penser qu’une poignée de vierges le resteront une fois qu’on leur a grimpé dessus), une petite chanson et son fabuleux clip.

(Humour décalé inside)

… C’est vraiment bien wordpress en ce moment, je ne peux même plus insérer de lien youtube. Alors il est ICI.

 

 

 

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Retour sur la blogo

Coucou les gens!

Vilaine, vilaine, j’ai déserté la blogo ces trois dernières semaines. Pas que ma vie soit devenue trépidante et que je n’ai plus eu le temps de lire ou d’écrire, mais quelque chose dans mon cerveau a dû buguer et j’avais toujours plus urgent/chiant/nécessaire/inutile à faire.

Mea culpa.

Surtout que j’ai cru comprendre qu’il s’en était passé de belles. Genre des wagons entiers qui se remplissaient. Je ne voudrais pas me donner trop d’importance, mais il semble que le taux de grossesses soit inversement proportionnel à ma présence… CQFD.

Bon, alors comment dire… de PMA il n’y aura encore pas, hein. A se demander ce que je fous encore ici. Mais bon, si vous avez quelques minutes à perdre, voici le récit de ces dernières semaines (et après j’essaie de rattraper mon retard en lisant vos dernières aventures):

  1. J’ai repris le travail pour de bon. J’aurais JA-MAIS pensé être aussi heureuse de me lever avant l’aube pour me faire insulter. Smile toute la journée, chansonnette poussée dans les couloirs. Bordel, c’est bon de ne plus être un parasite moisis.
  2. J’attends toujours de savoir combien mon chauffard de bus va manger. Aux dernières nouvelles il a bien été entendu (j’ai donc cru comprendre que c’était un homme… ça m’étonne pas tiens.), et mon dossier n’attend que la saint Glin-glin pour être présenté à un magistrat. Oui, ça va, je sais que ma glissage sur l’herbe n’est pas forcement la priorité de l’année, mais je trouve que 6 mois c’est bien pour savoir si on classe mon affaire. En plus je me suis tellement emmerdée que je serais ravie de compliquer encore un peu les choses avec l’assurance.
  3. Et en parlant d’assurance et de commissariat, savez vous t’y pas ce qui m’est arrivé l’autre soir en récupérant mon scooter après une journée de travail (de dimanche) de 12h? Ben dis donc, trop drôle, mon scoot de merde il avait plus de phare arrière et juste un rétro que je devais tenir en conduisant pour pas qu’il s’affaisse. Et comprenons nous bien, quand on conduit, voir en gros plan l’asphalte n’est pas d’une grande sécurité. Heureusement, sur la route du retour il y a un commissariat, alors après 400 m à 15 à l’heure sur le passage vélo, je me suis arrêtée sur le parking pour chialer ma race porter plainte. Bon, il était fermé, quoi. Je n’ai pas tenté de conduire jusqu’à chez moi rapport au fait que je sentais pas trop la route où je m’étais faite balancer, surtout sans rétros et sans phare arrière, en pleine nuit.
  4. J’ai repeint la balustrade de l’escalier (pour que ça aille avec les chiottes) (je sais, vous n’en pouvez plus tellement vous voulez connaître la couleur) (tenez vous bordel).
  5. Les trois chatonnes se font discrètes. Enfin, si « discrètes » sous entend « je rentre en courant dès que la porte est ouverte de 3 mm, et je gueule en miaulant dès que les caresses ne sont pas assez appuyées ». Pour la faire courte, y’a des gamelles partout et notre salon est jonché de boulettes de papier. Regarder un film avec les jambes grandes écartées est peu confortable, même si ça me rappelle le doux souvenir de la PMA.
  6. En parlant de film, rien de nouveau sous le soleil, le karma est une bitch vu que tous les programmes proposent des histoires de femmes enceintes, jouées par des femmes enceintes, pour des femmes enceintes.
  7. D’ailleurs, ce we nous recevions un ami pas vu depuis un an, qui (horreur) venait d’être père. Le genre « on se connait et 6 mois après on vit ensemble et 18 mois plus tard le bébé naît ». Et ce connard de Pouêt qui ose demander comment se passent les premières semaines… J’ai dit « connard »? Pardon, je voulais dire « gros connard ».
  8. Anecdote d’une collègue super fertile qui, après deux enfants (elle est très jeune) est tombée enceinte avec un stérilet. Genre une jolie grossesse extra utérine. Et elle ose demander aux urgences du CHU quelle contraception choisir pour ne plus se retrouver à pisser le sang dans un couloir d’hôpital. Ben l’interne lui a répondu « ne vous plaignez pas, pensez à celles qui ne peuvent pas avoir d’enfants »… M’est avis que c’est pas la meilleure façon de faire passer le message PMA, hein.
  9. Dans un prochain article très PMA (putain, je parle vachement PMA en fait), je vous ferai un debrief de mon vernis semi-permanent qu’on pose trop facilement à la maison et qu’on retire aussi facilement devant un épisode de walking dead (et sans arracher les ongles avec). Ne soyez pas trop impatientes, Mum Fatale m’a commandé un article.
  10. Hier midi j’ai épluché des châtaignes et depuis mon index est tellement engourdis que je ne sens plus rien. Ça m’était déjà arrivé il y a quelques semaines et une séance de karcher (avec mon majeur cette fois ci). C’est hautement désagréable et j’ai gogolisé « syndrôme du canal carpien ». Ne gogolisez jamais « syndrôme du canal carpien »… Je sais pas combien de temps attendre avant d’aller voir mon doc, vu que depuis qu’il me connait (2 ans), j’ai dû le voir une douzaine de fois… Entre la PMA, mes accidents de travail cumulés et la grippe, j’ai pris une carte de fidélité.
  11. Faut aussi que je vous raconte le mariage de bridezilla.
  12. Pour ce n°12, je dois vous avouer que je discute régulièrement avec notre adorable Carotte (coeur coeur), et que devant son moral très bof-bof, je lui ai promis un article pour lui redonner, l’espace de deux minutes, son très beau sourire. Alors ne la jugez pas, hein, mais elle a été très emballée par le thème « odeur entre les testicules après une journée de travail ».

Désolée d’avance, je risque d’être un peu discrète ces prochains jours vu que j’accueille chez moi ma sœur et sa clique (son clebs et sa terreur gamine).

La conversation

Ce week end, ma fille m’a tannée avec l’histoire de lui filer ou pas un petit frère ou une petite sœur qui viendrait fouiller dans ses affaires. Elle était un peu fatiguée et énervée et a même exigé une date butoir. C’est donc là, la cuillère dans la marmite et Pouêt sur le pas de la porte que je lui ai dit que non, il y avait toutes les chances pour que nous consacrions notre fric à ses caprices à elle exclusivement.

Bon, ok, je l’ai pas tout à fait dit comme ça. Je lui ai lancé un peu trop brutalement que nous ne pouvions pas avoir d’enfants. Elle a été un peu choquée sur le coup, mais au final je l’ai senti soulagée d’avoir une réponse définitive. Elle a demandé quand même pourquoi et la seule réponse suffisamment vague que j’ai trouvé était que c’était un peu comme une maladie.

Nous en avons reparlé avec Pouêt une fois qu’elle était couchée, et cette conversation a amenée celle de « que faire de nos 4 mini magnums? ».

Il marchait un peu sur des oeufs mais nous sommes tout de même tombés d’accord pour le don à d’autres couples, même si ça implique des complications d’ordre paperesque. Jusque là tout allait bien. Ça allait bien jusqu’à ce qu’il me parle de mes difficultés à entendre parler d’unetelle ou unetelle qui était enceinte pour la xième fois. Ou de ces amis que nous avons vu il y a quelques temps et dont la femme était en cloque si rapidement (du moins c’est l’impression que j’en avais). Quand il m’a dit qu’il voyait bien les réactions violentes que je tentais de cacher et mes traits qui se décomposaient.

Et là, sans frapper à la porte comme la décence l’exige, les larmes sont montés dans mes yeux à la vitesse d’un cheval au galop.

C’est dingue parce que je suis très à l’aise avec notre choix. Depuis ce matin qui avait suivi une nuit blanche où j’ai réalisé que, basta, c’était trop pour moi et l’herbe n’est pas forcement plus verte dans la prairie du voisin. Que je savais ce que j’avais mais pas ce que j’aurais, et que ce que j’avais c’était déjà pas mal du tout. Un enfant adorable mais l’adolescence arrive je crains le pire et en bonne santé, un amoureux super chiant des fois qui me dit presque tous les jours qu’il me trouve belle et spirituelle, un job, un toit délabré sur la tête…

Bref, pas de quoi se plaindre.

J’en suis même au point où je me réjouis archi sincèrement de lire les grossesses de pmettes. Non pas que je me réjouissais jamais avant, mais il y avait des périodes où je ressentais ce pincement au cœur et où les récits d’écho étaient trop pénibles pour que je puisse les lire tout de suite. Vous connaissez toutes ça.

Maintenant ça me fait juste sourire. C’est cool.

Alors pourquoi est ce que j’ai pleuré comme une madeleine ce soir là? Parce que ces quelques mots inquiets de Pouêt on fait remonter tout le « c’est pas juste » de ce court parcours PMA. Les piqures, les échos, la stim foirée et la stim qui a bien failli se solder par rien du tout vu que l’homme qui partage ma vie a été à deux doigts de ne pas venir faire son offrande de merde. Et l’hyperstim. Tout ça pour des noisettes. Alors qu’il aurait été si simple de se faire féconder comme n’importe quelle cassos. En 3 ans (dans un mois) j’aurais pu pondre 3 gamins à conditions de niquer dès la sortie de la mater.

Alors j’ai pleuré sans sanglots, avec les larmes qui dévalaient juste mes joues. Pouêt les épongeait au fur et à mesure, et comme il était si bien disposé, j’ai (presque) tout balancé. Les très nombreux tests que j’ai fait derrière son dos, le faux positif de l’autre fois avec la prise de sang négative qui a suivi (là je l’ai senti ébranlé), les blogs de PMA qu’il me voyait lire discretos sans jamais avoir compris ce que c’était, le fait que je pensais aux embryons quand j’ouvrais le congélateur…

Bon, j’ai pas dit pour ce blog, faut pas pousser.

Voilà, je suis maintenant sûre qu’il a compris que même si j’étais décidée, je surmonte tout de même le deuil d’un second enfant, et surtout celui de ne pas l’avoir eu en 6 mois et en baisant sur la machine à laver. Je ne me serais pas posée toutes ces questions et nous aurions pris les choses comme elles venaient. Maintenant c’est trop tard et ces embryons ne grandiront pas dans mon ventre. Puissent ils grandir dans un ou des autres.

Et pour me faire pardonner cet article pas très marrant et lacrymal, je vous prépare l’épisode 2 de la saga de l’été, cf le précédent article protégé. Et un petit gif!

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Quand je me fais prendre en flag en train de commenter un article de blog:

Donner?

Je ne parle pas de mon vélo qui rouille dans le cabanon de jardin (encore plus depuis que je me suis pété le pied).

Je ne parle pas non plus de notre matelas à moitié défoncé qu’on a prévu de remplacer très bientôt. D’ailleurs je me demande si on peut vendre un matelas à moitié défoncé? Avec la délicieuse auréole de rougnoutes mal contrôlées un matin de décembre? (Sachant que c’est surtout défoncé du côté de Pouêt, genre on a beau retourner le bordel y’a quand même toujours un creux désespérant là où il dort…)

Nan, en fait je parle de donner nos mini magnums.

De tout arrêter quoi. Stop. Terminé. Fini. Pas de transfert. Pas de second enfant.

Et surtout plus jamais de faux positif. Ou même de vrai négatif d’ailleurs. L’idée d’attendre et de me farcir un neg me paralyse d’avance. Je crois que je suis un peu lâche, j’ai peur de me faire du mal, de subir, de me faire envahir encore et encore au niveau intime pour un résultat nul. J’ai peur de ne pas avoir votre courage.

Ma chance, elle est déjà là et elle a vu le jour il y a plus de 11 ans. Mon cœur est déjà bien rempli et je suis la première à reconnaître que mes douleurs sont à mille lieux de pouvoir être comparées à celles de nos sœurs qui attendent LE bonheur…

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Et puis franchement, cette pause, je la vis très bien. C’est ce test de merde la semaine dernière qui a réveillé mes instincts les plus profonds, alors que je m’étais faite sans trop de mal à l’idée de ne plus jamais vivre la maternité. Tout allait bien et BAM! Ça redevenait possible. La garde? Parbleu, on allait se débrouiller! La chambre? Boudiou, tant pis pour les amis, les tentes c’est pas fait pour les chiens! L’argent? Ma foi, on a quand même les moyens d’élever deux enfants sans bouffer des pâtes tous les jours!

Et puis bon, une fois que la réalité s’est rappelée à moi, les obstacles à l’agrandissement de notre famille ont doublé de volume. J’ai eu largement le temps d’y réfléchir pendant ma séance d’hier avec Danny (hmmmm, Danny!)

Franchement, est ce qu’un jour je vais avoir envie de repasser la porte de la PMA? D’ailleurs, se souviennent ils de nous? Depuis le courrier nous demandant l’autorisation de congeler nos mini magnums, je n’ai rien reçu. Si ça se trouve la poste a paumé notre courrier et les mignons sont passés à la poubelle. J’y pense d’ailleurs: c’est normal de ne pas recevoir la facture de la congélation?

Enfin donc, la question commence à se poser sérieusement: va-t-on le faire? En quoi ça consiste, d’ailleurs, de donner ses embryons? Est ce qu’on peut s’en garder un ou deux en souvenir?

Et en lisant le combat de Julys et d’autres, est ce que le parrainage pour le don d’embryons se fait comme celui pour le don d’ovocytes? (C’est à dire, est ce que se radiner avec des donneurs nous place sur le haut de la pile de la file d’attente?)

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Bref, un cheminement à faire, quelques mois devant nous en perspective, une longue discussion avec Pouêt un de ces soirs… A moins que l’envie du transfert ne montre brutalement le bout de son nez, mais j’en doute de plus en plus.

Rassurez vous, ça ne m’empêchera pas de rester une saloperie de bande de langues de putes aigries (lien en cadal pour celles qui n’étaient pas parmi nous en septembre dernier). J’aime trop détester les gens, et puis PMA un jour – PMA toujours.

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Et pour faire suite au post d’hier et surtout à ses commentaires:

Vous qui voyagez sur la blogo, connaissez vous le blog En quête de trois? C’est un blog formidable qui raconte l’histoire d’une autre pmette qui se prend pour un hibou (alors que les chouettes, on est d’accord que c’est 10 fois mieux). C’est pas une bête à cornes qui tient ce blog, ni un membre de la famille royale. Nan, c’est une certaine Miliette, qui est à cours de followers et de notoriété depuis qu’elle a pondu (« s’il vous plaîîîîît, venez lire mon blooooog »)

En parlant de ponte d’ailleurs, Kate et l’autruche du museum d’histoire naturelle de Paris vont bientôt avoir une adversaire tenace dans la course à la couverture de gala, vu qu’une certaine Reine s’apprête à leur damer le pion. (Elle raconte que sa mère passe toutes ses soirées à l’Elysée mais ne la croyez pas.)

Face à toute cette classe et cette distinction, heureusement qu’il y a une certaine Zapette pour nous rappeler que le petit peuple aussi se permet de pondre et d’être champion de tir à la carabine. En plus, madame Yack fourni à qui veut des vidéos à caractère pornographique, y parait.

En attendant le TEC…

… Je me trouve des activités passionnantes (outre fomenter des complots contre SH, je veux dire).

Tu te vois quand t’avais 15 ans et que tu trouvais tes parents chiants comme la lune quand ils regardaient un catalogue de linge de lit? Ou quand ton père était content parce qu’il faisait beau et qu’il pouvait laver la voiture? Ou quand l’activité du mois de ta mère c’était choisir la nouvelle tapisserie de la bibliothèque?

Que tu te demandais comment c’était possible de se satisfaire de trucs aussi insignifiants et médiocres quand toi tu ne rêvais que de la prochaine soirée d’anniversaire de Mathilde et de remplir un peu plus ton soutif?

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Ben je suis passée de l’autre côté, officiellement et irrémédiablement, j’en ai peur.

Toute l’énergie que je ne concentre plus sur la PMA, les recherches sur le net pour savoir comment me faire engrosser et les listes d’achats virtuels… ben je la mets dans ma propre mémérisation.

Bien sûr, ça fait un bout de temps que je suis adulte et que je ne rêve plus que ma poitrine augmente de volume (ça serait plutôt le contraire) pour plaire à Jean-Marc; mais ce niveau de chiantitude hautement satisfaisante, c’est du jamais vu.

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Déjà, et c’est à noter parce que j’aurais jamais pensé que ça pourrait être possible: je cuisine.

Je parle pas de faire cuire des pâtes ou de faire revenir des haricots en boite dans une poêle, hein. Genre des vrais plats, avec mes mimines à moi que j’ai au bout des bras. Merci Marm*ton, je me suis rendue compte que des fois c’était facile ET BON à la fois. Incroyable. Même que je mets un tablier pour ne pas me salir.

C’est comme ça que j’ai foutue la honte à ma fille en allant discuter avec la mère d’une de ses copines: en chaussons, tablier, et farine sur le nez. Une bonne vieille caricature, il me manquait plus que le col claudine et le plumeau.

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Mais je ne m’arrête pas à la cuisine. Non, j’ai d’autres obsessions pour varier un peu: maintenant que nous avons un grand jardin à nous, je peux mettre des bottes en caoutchouc kakis pour patauger dans la gadoue. L’éclate!

Tous les jours je fais le tour des bourgeons (c’est à peine répétitif), et je suis trop contente parce que je découvre que les plantes renaissent au printemps. A chaque fois, ça loupe pas. Mon dernier TOC, d’ailleurs, c’est de mater dans les jardins des autres pour noter ce qui est moche (ou les idées qu’on peut piquer mais je préfère critiquer).

Le we dernier, qui était si beau, Pouêt et moi avons passés notre temps dehors et j’étais bien contente le soir parce que j’avais étalé du paillage (!!!). Même que c’est moi qui suis chargée de tondre la pelouse et que c’était trop fun parce que je l’avais pas fait depuis l’automne. Et puis j’ai arrosé aussi. Vous allez me dire que c’est certainement en rapport avec un symbole phallique, mais avec mon long tuyau d’arrosage dans les mains, j’étais fière comme un pou.

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Demain, je pense que je me mettrai à la broderie au coin du feu pendant que Pouêt bourrera sa pipe en lisant le journal. Hello! nous avons 50 ans et nous sommes dans les années 60!

Mais que c’est bon, putain.

Et maintenant?

Y’en a qui disent que je parle peut être un peu trop de mes toilettes et pas des masses de la PMA. Faut pas croire, j’essaie pas de recycler ce blog en truc branchouille pour des idées déco aux goûts douteux.

Si c’était le cas, je me serais un peu épanchée sur la poubelle à vérins (en vrai Pouêt ne l’a même pas commencée, il m’aide pas cet idiot).

Au quotidien, je suis toujours PMA, c’est juste que j’ai pas fait de contrôle intra-founaire récemment. Pas de prise de sang depuis 3 mois non plus, d’ailleurs j’ai arrêté de faire une attaque en passant devant le labo pour aller au taf. Ça y est, mon cerveau a compris que je n’étais pas obligée de faire des contrôles d’oestradiol tous les putains de jours de l’année.

Au quotidien toujours, les Mini-Magnums gardent une place prépondérante. Je ne peux pas ouvrir le congèl sans avoir une pensée pour eux. Avec des bouffées de tendresse qui me donnent envie de leur caresser les joues et d’aller les border dans leurs lits. Voyez, tout à fait normal.

Je ne sais pas encore quand nous aurons le déclic du transfert. Enfin je dis nous, mais on est bien d’accord que Pouêt n’a absolument pas de pensées émues quand il ouvre le congélo. Je pense que je lui parlerais de Mini-Magnums, là, tout de suite, il comprendrait quedalle. Quel crétin.

De mon côté, je ne suis pas pressée. J’ai un peu honte de l’écrire mais je crois que j’aime bien nourrir mes petits fantasmes de bébés parfaits qui attendent sagement maman. Au moins pendant ce temps là, ils ne claquent pas à la décongélation. Ils font pas de conneries non plus. Ils sont plutôt reposants pour des quadruplés, en fait.

Au moins, pendant ce temps là je ne suis pas dans le stress de savoir si j’arriverais à compter le nombre de feuillets sur l’écho de l’endomètre (malgré la leçon de P’tit Bichon), s’il serait assez épais et moelleux et rebondissant et rose comme il faut pour un blasto déjà capricieux. Genre il peut pas se contenter d’un utérus basique. A tous les coups il fera la grève de la faim pour avoir son scooter à 14 ans. Le morveux.

Au moins, pendant ce temps là, je ne suis pas dans le stress de l’attente et des résultats, et de la suite si tout va bien. De la nécessité absolue de profiter etc. Au moins je peux aller me bouffer un Mac Do sans chialer après parce qu’il y avait une feuille de salade dans le hamburger et qui sait? Non Miliette, je me moque pas. Les feuilles de salade sadiquement cachées partout sont des putes.

Bref, j’attends tranquillement en feuilletant mon nuancier et je traite comme des bébés certains objets de la maison. Par exemple j’ai acheté une plante à qui je parle en l’appelant « ma Cocotte ». Je trouve ça tout à fait sain. Dans 20 ans, les gamins du quartier me surnommeront « la Sorcière ».

Et pis de toutes façons, j’ai eu aucune nouvelle de Doc ou de sa secrétaire. Personne ne s’étonne que je ne donne pas de nouvelles et que je ne prenne pas de rdv (avec une voix hystérique) parce que J1 n’est pas là. Ça fait plaisir, j’vous jure. Moi qui croyais que les patients de PMA étaient suivis de façon rapprochée avec une personnalisation de la prise en charge. AHAHAH.

Article qui sert a rien

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Comme Gambinou s’est un peu moquée de moi ce soir, je fais un article rien que pour qu’elle se taise.

J’arrive pas à vous lire tous les jours, j’ai un agenda de ministre. Rappelez vous, j’essaie d’intégrer la fonction publique et j’ai encore du mal à retenir qui fait quoi dans notre belle nation.

En fait, j’ai tant de mal à retenir que je pourrais même pas vous pondre un exemple. Pourtant, je vous assure que c’est tellement absurde qu’à chaque minute de ma formation au concours… j’ai l’impression d’être l’actrice involontaire d’un sketch. Quelqu’un dit quelque chose, alors les bords de mes lèvres commencent à remonter, je lève les yeux… et je me rends compte que c’est pas une blague.

Y’en a une dans le tas de mes co-détenues, 22 ans et la coiffure de Geneviève de Fontenay (faut que je lui conseille le chapeau), qui est capable de te pondre n’importe quoi. Elle connait même tous les détails de la loi Taubira (me demandez pas à quoi ça peut servir dans notre job). Du tac au tac. Je me suis quand même lâchée à l’issus de son oral blanc en disant que c’était « Très bien… Louche, même. »

Les gens ont rit, et j’ai été rassurée d’apprendre par la suite que les autres non plus ne pouvaient pas la piffer (Salopes Poweeeer!), rapport qu’elle voit son taf comme celui d’un garde chioume; et qu’on devine en elle la saloperie opportuniste et haute placée qu’elle ne manquera pas de devenir.

Mais je m’égare dans ma jalousie teintée de terreur d’admiration.

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En vrai, je voulais vous faire découvrir le centre de ma vie actuelle. Je pouvais pas importer les vidéos de mon portable, mais grâce au ciel, je peux le faire avec des photos.

J’ai mis le canard WC bien en évidence pour faire ressortir toute la classe et le bon goût de la teinte « ficelle » dont je vous ai tant parlé. Teinte « ficelle » qui, je vous le rappelle, est dans le top 3 chez mes très chers amis de la jet set (parait que la coke a cette couleur une fois passée sur le grill) (En première position c’est « Rêve d’Héroïne »).

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Rôôôôh, putain, la classe quand on va faire sa grosse commission! Manque plus qu’un fond de musique classique.

Je suis toute émoustillée à l’idée de découvrir la cabane à poubelle. Sûr que je mettrai pas un vulgaire pyjama jogging pour la sortir. Va y avoir du strass.

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Mais rassurez vous, après les chiottes et avant la poubelle (je vends du rêve), nous nous sommes fixés un autre challenge. Maintenant, je suis assignée au détachage de la vieille colle du papier peint ultra moderne de 1976.

Je pensais, dans les jours qui ont suivi l’acte de vente, que je pourrais me contenter de l’arracher comme une sauvage. Mais en vrai, faut tout enlever. L’idée m’a traversée de demander à Pouêt pourquoi les gens s’obstinaient à mettre de la colle mais je me suis retenue avant.

C’est une activité tellement enrichissante que je mets la radio et vais jusqu’à chanter sur du Johnny (merci MFM radio). J’arrache les lambeaux de mon âme en même temps que les restes du papier, on dirait.

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Voilà, c’était un extrait de mes instants du moment.

Je serais naturellement heureuse de découvrir les photos de vos chiottes (ceci n’est pas un défi… ou alors si).