FIV

Une petite année

L’autre jour, alors que je rentrais du taf, j’ai réalisé que ça faisait bientôt un an que je m’étais faite ponctionner pour la dernière fois (genre je l’ai fait 50 fois, mais non, juste deux). Le souvenir de la veille de ponction m’est revenu dans la gorge avec un goût de bile, petit reliquat de la tristesse et du désespoir qui m’avaient fait pleurer une partie de la journée (dont 2 heures au téléphone).

Et ce jour là, coïncidence? (je ne pense pas), un courrier m’attendait dans la boite aux lettres.

Un courrier qui commence par

« Lors de la fécondation in vitro du 25/11/2014

Nous avons pu congeler 4 embryon(s)

A ce jour il reste 4 embryon(s) »

Et voilà, on y est, un an déjà…

Donc on nous demande ce qu’on souhaite faire de nos magnums, avec des petites cases à cocher et tout.

  1. Confirmer le maintien de conservation d’embryons
  2. Révoquer cette conservation

Comme on a toujours l’intention de révoquer, les choix sont de

  1. Destruction -> nan mais ça va pas la tête??
  2. Don recherche -> option déjà plus convenable mais faut avouer que psychologiquement, c’est pas entendable pour moi. C’est très personnel et peut être complètement ridicule, mais ça a pour moi un petit côté dissection qui me fait frémir.
  3. Don pour accueil -> ils précisent que nous serons alors contactés pas le « centre AMP gérant régionalement l’accueil d’embryons ».

Reste à m’assurer que ça ne se passera pas comme à La Réunion avec une cryogénie de 2 siècles vu que les embryons donnés là bas ne sont pas redistribués (vraiment bien organisé leur truc).

J’avoue que le courrier traîne depuis 3 semaines sur le bureau sans que je me décide à faire signer Pouêt (je suis en train de le perdre d’ailleurs, je serais pas étonnée qu’il se mettre à construire une cabane à chat dans le bout de jardin qu’il nous reste).

 

Et pour coller à l’actualité et se moquer un peu des décérébrés qui sévissent (faut quand même vraiment pas être malin pour penser qu’une poignée de vierges le resteront une fois qu’on leur a grimpé dessus), une petite chanson et son fabuleux clip.

(Humour décalé inside)

… C’est vraiment bien wordpress en ce moment, je ne peux même plus insérer de lien youtube. Alors il est ICI.

 

 

 

J’adôôôre l’eugénisme

Ce qu’il y a de bien avec les histoires d’embryons, c’est que ça passionne les lecteurs et que les infos sur le web puisent régulièrement dans la manne pour faire gueuler dans les chaumières.

L’article de ce matin m’a bien fait triper.

Le titre:

Australie: Les parents pourraient bientôt choisir le sexe de leur progéniture

En gros, on demande actuellement aux australiens de décider s’ils pourront avoir accès au diagnostique préimplantatoire pour choisir le sexe de leur futur enfant. Genre dans le cas où t’as déjà 4 filles et que tu crèves d’envie d’avoir un garçon, mais que t’as vraiment trop peur de pondre encore une pisseuse si tu laisses faire les couilles de ton monsieur.

Bon. J’avoue que le principe de continuer encore et encore à faire des gosses dans le but d’avoir celui dont tu rêves est assez spécial. Je comprends complètement le fait d’avoir une préférence, mais continuer à se faire engrosser dans ce seul but… Et pan dans la tête quand c’est ENCORE pas ce que tu voulais… Me farcir 6 mômes juste parce que je voulais faire des couettes, ça fait cher de la couette.

« cette sélection se matérialise en une fécondation in vitro classique [qui récupère les ovocytes de la mère auxquels on injecte les spermatozoïdes du père/donneur] ».

Pas trop classique quand même puisqu’il s’agit là d’une FIV ICSI.

« Après quelques jours passés en laboratoire, les embryons sont ensuite triés par les médecins, qui détectent en prélevant une cellule de chacun d’eux les possibles anomalies. »

Là, ils mélangent déjà les trucs dans la tête des lecteurs puisqu’ils parlent du DPI pour nécessité médicale, à moins qu’ils pensent vraiment que l’anomalie soit de faire un garçon. C’est insidieux mais je sens une volonté inconsciente de mettre de la perversion derrière le DPI.

Et puis quid de ce que demande une FIV ou des probabilités de grossesses? Une FIV, c’est un peu comme aller chercher sa baguette à la boulangerie après avoir pris des timbres au bureau de tabac. En 10 min c’est plié et ça fait une petite balade. Tac boum, en plus c’est moins fatiguant que de baiser avec pépère et ça salit pas les draps.

Et tous les beaux embryons obtenus trop facilement vont bien supporter la mise en culture, le prélèvement de leur cellule et les selfies avec le biologiste. Hop, retour à l’envoyeur et madame est enceinte et pourra fournir une pom pom girl à son équipe de foot personnelle.

Mais attendez… C’est trop moche, c’est trop facile. Ça suffit pas que ce soit juste idiot… Faut qu’il y ait quelque chose de grave et d’horrible sinon ça serait comme un thriller où la blonde ne tomberait pas amoureuse de son sauveur, comme un film de guerre où le pote noir il mourrait pas, comme un épisode de walking dead sans attaque de zombies…

« la sélection de l’embryon avec DPI pourrait à terme, conduire à des dérives plus larges, visant à ne retenir que l’embryon parfait, pourvu des meilleures caractéristiques physiques et intellectuelles. »

BAM! Du sexe déjà pas si simple et économique à rechercher, on tombe forcement sur la putain de couleur des yeux. Et le QI, hein. Et la taille de la teub pendant qu’on y est. Le bon gros fantasme de l’eugénisme.

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Et comme je lis ces articles principalement pour déguster les commentaires des gens qui n’ont rien d’autre à foutre que de commenter les articles yahoo, voilà mes préférés (on les a pas sélectionné pour leur QI, eux) (leurs parents doivent se mordre les doigts de pas avoir fait une FIV eugénique):

« c déjà le cas en chine….. il y a pénuries de filles… »

Un classique. Sur un article sur le DPI en France (donc je le rappelle, pour éviter à un enfant de naître avec une maladie génétique lié à son sexe) (je précise au cas où des gens tomberaient ici par hasard), on voyait beaucoup de commentaires qui comparaient cette pratique avec le fait qu’on tue des petites filles ou qu’on fasse de fausses IMG tardives en Inde ou en Chine.

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« Cela s’appelle de l’eugénisme… Comme dans Mein Kampf… Cela vous dit quelque chose? »

« Décidément, Adolf Hitler aurait adoré notre société scientifique moderne. »

Deux commentaires très mesurés et pas du tout obscènes. Cela vous dit quelque chose parce que moi j’ai entendu parler de ça et je me méfie maintenant.

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« donneurs de sperme, mères porteuses, fécondation in vitro, choix du sexe : c’est du grand n’importe quoi. Modification génétique pendant qu’on y est, pour que l’enfant soit blond ou brun. Voilà la naissance des faux bébés pour un monde de plus en plus dégénéré. Tout ça ne tient qu’au désir égoïste de pouponner des parents, sans jamais tenir compte de l’intérêt de l’enfant. »

Allo allo, c’est la foire au n’importe quoi! Pas cher! Je mélange tout pour vous et j’en profite pour glisser une petite saloperie déguisée sur les infertiles (ces tas de merde)! Bordel, tant qu’à accepter le don de sperme, pourquoi ne pas manipuler des gènes aliens aussi? Si si, c’est presque pareil. Non aux faux bébés!

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« vous sentez pas ?? non vraiment? tien etrange un exode de masse plus les humain qui de plus en plus ce prennent pour dieu ! les gays qui ce maries ect ect .. vous etes sure ! vous sentez rien?? allez un piti indice ! ce ne sont pas mes FOTE TOTOCRAFE !
indice: cela a été ecris de plus plusieur siecle dans plusieur grand livre dont la plus part des gens ni croix plus et s’en foute royalement ! »

Les gays peuvent se marier, c’est l’APOCALYPSE! Oui je sais, ça n’a rien à voir avec l’article mais je m’en suis pas encore remis. Puis si je peux vomir sur les migrants au passage, c’est tout benef. D’ailleurs je crache à longueur de journée sur les étrangers mais je ne fais même pas l’effort d’apprendre à écrire ma langue maternelle. (C’est le même qui veut émigrer parce qu’il en a marre des immigrants) (Jeanne, au secours!)

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« la destruction de l’humain par les forces maçonniques sataniques, se poursuit allègrement dans l’indifférence générale, et les gens ne voient rien venir pour la suite, c’est affligeant. »

Ce qui est affligeant, c’est pas du tout que je parle des forces maçonniques sataniques, hein. C’est que les gens ne voient pas que faire des bébés est dans le but de détruire l’être humain. Moi je sais bien que bientôt les juifs coucheront avec des chèvres, mais personne ne veut rien voir. Affligeant.

Anniversaire

Pas le mien, non (faut pas déconner, même en robe de princesse et avec du chocolat plein la gueule, personne ne croit plus que j’ai 3 ans), pas celui du blog non plus. Non, ce sont les trois ans de tire-à-blanc de Pouêt que nous allons fêter.

Enfin, fêter, c’est une façon de parler, hein. Pouêt ne se rendra compte de rien comme d’hab et moi je vais penser aux mini magnums en ouvrant le congélo. Donc pour les ballons et les cotillons, on repassera.

C’est pas pour autant un anniversaire qui me fait cogiter sur la suite des évènements. Juste que ça coïncide pile poil avec mon entrée fracassante dans la seconde partie de la trentaine, alors ça fait bobo au moral. J’espère que mon porteur de couilles vides aura trouvé un beau cadeau pour me rendre le sourire.

Du côté de ma famille, je pense recevoir un gadget truc trop utile qui m’obsède depuis que P’tit Bichon a parlé de son vernis semi permanent qui tient deux semaines sur ses pieds.

A propos de pied (notez l’art de faire des transitions qui tombent à pic), j’ai vu un nouvel interne hier qui était encore très à mon goût (un barbus 😀 )et qui n’a pas arrêté de complimenter ma cheville. Un fétichiste sans aucun doute, ou alors il aura flashé sur mon vernis. Bref, j’ai le sésame du retour au boulot (le 8, 4 jours de taf et départ en vacances) (insultez moi) et peut être même que mon certificat de consolidation va un peu accélérer les choses du côté judiciaire / frical du bordel.

Je termine cet article à tomber par terre tellement il est intéressant avec une photo de ce we et le franc succès du pot d’insectes grillés:

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(Cette gamine ne mange jamais rien mais pour les vers et autres grillons, pas de soucis)

Un peu de tout

J’ai passé ces derniers jours dans un cocon duveteux au fin fond de la Bretagne. En tête à tête ou presque avec mon père (mini Chouette était là aussi, faudrait pas rater une occasion de se faire pourrir comme la pire des enfants gâtés).

On a mangé comme des truies, fait des balades, cueilli des mûres, rit aux blagues du vieux barbu… On s’est couchés comme les poules et je n’ai même pas eu envie de scruter mon téléphone comme une grosse droguée d’internet.

C’est à peine si j’ai pensé à Bridezilla, c’est pour dire.

Mais bon, tout ça ne m’a pas empêchée de regarder tout plein de replay en rentrant (je vous ai dit que j’avais toujours pas repris le travail?). Alors à ce sujet j’aurais un petit conseil à donner au scénariste de la série française Profilage:

VA TE FAIRE SOIGNER. Cette obsession pour les grossesses bizarres et les histoires familiales capilotractées, je pense que c’est pas anodin et que t’as dû subir un putain de traumatisme dans ton enfance.

L’histoire de sa GPA, là, c’est vachement étrange. Pour vous la faire courte c’est un couple qui n’arrive pas à avoir d’enfant, ils pourraient adopter tranquille mais le mari est un enfant adopté alors ça le botte moyen. Du coup, avec sa femme, ils décident de payer une gonzesse pour porter leur enfant. Sauf que la mère porteuse se fait agresser et décède peu de temps après, heureusement les médecins extraient l’enfant à temps. Le petit n’est reconnu par personne mais qu’importe, il semble assez évident que le couple va pouvoir le récupérer facile d’ici quelques mois/années. Enfin, ça c’est si le mari ne reste pas trop en taule pour avoir kidnappé un môme pour savoir s’il était lui aussi un pédophile comme ses parents biologiques. D’ailleurs, c’est la vieille fraîchement sortie de prison qui a tué la mère porteuse.

Pis t’as l’histoire de la gonzesse quarantenaire qui se fait tuer dans la cours de l’école. On se rend compte qu’elle n’arrivait pas à adopter mais elle était enceinte, alors c’est bon. Sauf qu’elle s’est faite inséminée parce qu’elle était en insuffisance ovarienne. Pour avoir le droit de se faire inséminer dans une clinique (c’est toujours ce qu’on fait en cas d’insuffisance ovarienne), elle est venue avec un pote gay rencontré sur internet, qui voulait aussi un gamin avec son mec. On apprend que tout ce petit monde était fâché parce que le bébé n’était en fait pas du bonhomme. Non, le coupable de tout ça c’est un type qui voulait faire plaisir à sa môman en faisant tout plein d’enfants et qui payait un immigré afghan (??) pour remplacer les échantillons de sperme de la clinique par sa propre semence…

Nan mais sans déconner!

On surpasse largement l’épisode des Experts où tout un quartier faisait la fête le samedi, en organisant des partouzes entre voisins.

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Bon, sinon l’autre jour on a revu un couple d’amis qui attendait leur premier enfant à pas loin de 40 ans, conception à peine 3 mois après leur mariage (qui lui même est arrivé assez rapidement après la rencontre, du moins c’est l’impression que j’avais). J’y allais à reculons, persuadée qu’on allait avoir droit à toute la panoplie de niaiseries.

En fait ils n’ont aucun problème à annoncer que c’est un bébé artificiel et pas du tout un enfant de l’amour. Ça a bien détendu l’atmosphère. Au rythme où je découvre des pmettes partout autour de moi, je pense qu’il faudra bientôt autant de services de pma que de pharmacies.

Sinon, savez vous que les pubs dur*x nous apprennent qu’on est pas obligés d’attendre une « occasion particulière » pour niquer? Ça m’arrange parce que Noël me semble loin et mon anniversaire n’arrive qu’une fois par an. Sinon, quand tu regardes une vidéo « french manucure » sur youtube, t’as droit à une pub sur les tests d’ovulation. Et les suédois attachent leurs femmes aux barreaux du lit avec des menottes pour bouffer des krispr*lls pépères. Je pense que les suédoises n’ont pas beaucoup d’ « occasions particulières » non plus.

Bon, sinon, comme annoncé sur twitter, Pouêt est tombé sur un dessin animé Astérix ce soir et a voulu nous renommer. Pour lui, il a choisi le délicieux prénom de Gropénix.

La conversation

Ce week end, ma fille m’a tannée avec l’histoire de lui filer ou pas un petit frère ou une petite sœur qui viendrait fouiller dans ses affaires. Elle était un peu fatiguée et énervée et a même exigé une date butoir. C’est donc là, la cuillère dans la marmite et Pouêt sur le pas de la porte que je lui ai dit que non, il y avait toutes les chances pour que nous consacrions notre fric à ses caprices à elle exclusivement.

Bon, ok, je l’ai pas tout à fait dit comme ça. Je lui ai lancé un peu trop brutalement que nous ne pouvions pas avoir d’enfants. Elle a été un peu choquée sur le coup, mais au final je l’ai senti soulagée d’avoir une réponse définitive. Elle a demandé quand même pourquoi et la seule réponse suffisamment vague que j’ai trouvé était que c’était un peu comme une maladie.

Nous en avons reparlé avec Pouêt une fois qu’elle était couchée, et cette conversation a amenée celle de « que faire de nos 4 mini magnums? ».

Il marchait un peu sur des oeufs mais nous sommes tout de même tombés d’accord pour le don à d’autres couples, même si ça implique des complications d’ordre paperesque. Jusque là tout allait bien. Ça allait bien jusqu’à ce qu’il me parle de mes difficultés à entendre parler d’unetelle ou unetelle qui était enceinte pour la xième fois. Ou de ces amis que nous avons vu il y a quelques temps et dont la femme était en cloque si rapidement (du moins c’est l’impression que j’en avais). Quand il m’a dit qu’il voyait bien les réactions violentes que je tentais de cacher et mes traits qui se décomposaient.

Et là, sans frapper à la porte comme la décence l’exige, les larmes sont montés dans mes yeux à la vitesse d’un cheval au galop.

C’est dingue parce que je suis très à l’aise avec notre choix. Depuis ce matin qui avait suivi une nuit blanche où j’ai réalisé que, basta, c’était trop pour moi et l’herbe n’est pas forcement plus verte dans la prairie du voisin. Que je savais ce que j’avais mais pas ce que j’aurais, et que ce que j’avais c’était déjà pas mal du tout. Un enfant adorable mais l’adolescence arrive je crains le pire et en bonne santé, un amoureux super chiant des fois qui me dit presque tous les jours qu’il me trouve belle et spirituelle, un job, un toit délabré sur la tête…

Bref, pas de quoi se plaindre.

J’en suis même au point où je me réjouis archi sincèrement de lire les grossesses de pmettes. Non pas que je me réjouissais jamais avant, mais il y avait des périodes où je ressentais ce pincement au cœur et où les récits d’écho étaient trop pénibles pour que je puisse les lire tout de suite. Vous connaissez toutes ça.

Maintenant ça me fait juste sourire. C’est cool.

Alors pourquoi est ce que j’ai pleuré comme une madeleine ce soir là? Parce que ces quelques mots inquiets de Pouêt on fait remonter tout le « c’est pas juste » de ce court parcours PMA. Les piqures, les échos, la stim foirée et la stim qui a bien failli se solder par rien du tout vu que l’homme qui partage ma vie a été à deux doigts de ne pas venir faire son offrande de merde. Et l’hyperstim. Tout ça pour des noisettes. Alors qu’il aurait été si simple de se faire féconder comme n’importe quelle cassos. En 3 ans (dans un mois) j’aurais pu pondre 3 gamins à conditions de niquer dès la sortie de la mater.

Alors j’ai pleuré sans sanglots, avec les larmes qui dévalaient juste mes joues. Pouêt les épongeait au fur et à mesure, et comme il était si bien disposé, j’ai (presque) tout balancé. Les très nombreux tests que j’ai fait derrière son dos, le faux positif de l’autre fois avec la prise de sang négative qui a suivi (là je l’ai senti ébranlé), les blogs de PMA qu’il me voyait lire discretos sans jamais avoir compris ce que c’était, le fait que je pensais aux embryons quand j’ouvrais le congélateur…

Bon, j’ai pas dit pour ce blog, faut pas pousser.

Voilà, je suis maintenant sûre qu’il a compris que même si j’étais décidée, je surmonte tout de même le deuil d’un second enfant, et surtout celui de ne pas l’avoir eu en 6 mois et en baisant sur la machine à laver. Je ne me serais pas posée toutes ces questions et nous aurions pris les choses comme elles venaient. Maintenant c’est trop tard et ces embryons ne grandiront pas dans mon ventre. Puissent ils grandir dans un ou des autres.

Et pour me faire pardonner cet article pas très marrant et lacrymal, je vous prépare l’épisode 2 de la saga de l’été, cf le précédent article protégé. Et un petit gif!

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Quand je me fais prendre en flag en train de commenter un article de blog:

Monde parralèle

L’autre jour, j’ai entendu au sujet de je ne sais quelle personnalité quelqu’un dire « oh, elle a dû faire une fiv ». Avec le ton qui va bien (« oh, elle a dû s’arrêter dans une boulangerie pour prendre un jambon-beurre »). Vous savez, c’est la fameuse fiv de confort, comme la césarienne du même nom!

J’ai jamais eu de césarienne mais j’ai du mal à imaginer comment se faire ouvrir le bide pourrait être d’une quelconque facilité. Parce que si on évite peut être quelques heures supplémentaires de douloureuses contractions, on se paie quand même des suites de merde: pansements, douleurs à la marche, injections quotidiennes, interdit de bouffer pendant 3 jours et des inconnus qui se relaient dans la chambre pour savoir si on a pété.

Donc le « elle a tout simplement fait une fiv », c’est rigolo. UNE fiv, hein. Ça serait vraiment absurde d’en faire plusieurs, n’est ce pas?

Car même si c’est super facile et pratique, c’est pas la peine de répéter l’opération.

Je ne sais pas comment les gens envisagent le truc… Ils savent que tout se passe dans une éprouvette (la boite de Pétri c’est tellement vulgaire), mais vas savoir comment les gamètes s’y retrouvent! Je sais pas, peut être que la dame et le monsieur visitent naïvement le labo, trébuchent, se rattrapent à la table et PAF! Leurs gamètes se retrouvent dans le tube!

Ou peut être que ces gens pensent que madame se balade quelques jours avec le tube entre les jambes, espérant qu’un ovule qui se promènerait par là tombe dedans par inadvertance?

D’ailleurs, je suis persuadée que les gens lambda n’envisagent même pas la méthode de recueil de monsieur. Faudrait faire le test en interrogeant des personnes dans la rue…

« Bonjour, je réalise une enquête. Aujourd’hui, je suis extrêmement fière de mon mari et je vous propose de deviner pourquoi. Choisissez une de ces trois propositions:

a) Ce matin il a obtenu une grosse promotion

b) Ce matin il a sauvé un chiot de la noyade

c) Ce matin il s’est astiqué le poireau comme un chef »

Bref, quand on voit tout ce qu’on a réellement à traverser, et l’image de la fiv dans l’esprit de monsieur et madame tout le monde… j’ai l’impression que ce serait un peu comme de comparer Top Chef à ma cuisine.

Candidat Top Chef: « Alors je vais préparer des raviolis de boulgour et safran, fourrés à la crème de foie gras aux groseilles, agrémentés d’une sauce de kiwis confits dans du vinaigre balsamique (d’Afghanistan). »

Moi: « J’ai fait des pâtes. »

Cette chère Laurence

Je rebondi encore sur un article, celui de Bamp du jour, qui, les grands esprits se rencontrent, parlait justement de kim Kardashian!!

La Reine y commentait sa déception de ne jamais voir des célébrités non issues de la télé-réalité raconter leurs difficultés à avoir un enfant et la PMA. Et c’est vrai qu’à part Céline Dion, on dirait que personne n’ose se mouiller, alors même qu’on sait que ça touche aussi les acteurs, les journalistes, les écrivains.

Et puis dans la journée, j’ai eu un flash. En France aussi nous avons notre représentante militante!

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Vous savez, la vilaine méchante du maillon faible, à l’époque où c’était fendard? Enfin moi je trouvais ça fendard. La répartie de cette femme, j’étais admirative! Aujourd’hui elle présente un autre jeu que je trouve assez nul, en tout cas pour ce que j’en ai vu.

Mais bref, cette Laurence n’a pas seulement un grand talent pour se moquer et jouer les monstres, elle a aussi beaucoup communiqué sur l’infertilité.

Elle se marie « sur le tard ». Ce que je comprends vu ses goûts, elle a pas choisi le plus dégueu si vous voulez mon avis. Mister Tahiti 2003:

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Et c’est là que la galère commence. De nombreuses IAC et 5 FIV, et autant d’échec. Une infertilité « inexpliquée ».

Elle est visiblement pas du genre à fermer sa gueule, alors elle en parle, partout. Je vous copie quelques unes des phrases de ses interviews. Le genre de choses que toutes les pmettes pourraient dire:

On se sent punie par la nature. Parfois je regarde des docu­men­taires anima­liers – les mamans lions, les crus­ta­cées, les pois­sons – et je ne peux pas m’empê­cher de penser : « La repro­duc­tion, tous les animaux y arrivent et moi je n’en suis pas capable ! » C’est exac­te­ment ça : on a l’impres­sion de ne pas accom­plir ce qui devrait être le plus natu­rel.

Un jour quelqu’un m’a dit : « La nature est bien faite : si ça ne prend pas c’est que ça ne doit pas se faire ! » Ça m’a énor­mé­ment bles­sée.

Il y a aussi ceux qui vous disent : « Passe à autre chose ! Fais de l’huma­ni­taire, fais du brico­lage ! » Mais comment ? C’est comme un deuil, il faut du temps.

Subir cette épreuve met énor­mé­ment de pres­sion sur un couple. La PMA est un trai­te­ment quasi-perma­nent avec des doses d’hormones qui mettent tantôt dans la situa­tion d’être enceinte et tantôt dans celle de la méno­pause. Je vous laisse imagi­ner les sautes d’humeur !

Parfois mon ventre était si gonflé que je ne pouvais plus fermer mon manteau. Il m’arri­vait aussi d’avoir des vertiges : je marchais à quatre pattes pendant plusieurs jours !

(Au sujet de « est ce que ce n’est pas psychologique?) Mikaël a posé la ques­tion au méde­cin en préci­sant que j’avais eu plusieurs gros chocs, à la mort de ma mère notam­ment. On lui a répondu : « Monsieur, si la psycho­lo­gie avait à voir avec tout ça, ça se saurait ! »

Et puis en tant que femme, vous êtes obnu­bi­lés : « Mon taux, ma prise de sang, mes ovocy­tes… »

Pendant le trai­te­ment, on devient une chose qui appar­tient à l’hôpi­tal : conti­nuer à avoir une vie de couple relève de l’exploit.

Ne pas espérer du médecin qui vous suit ou de votre partenaire une prise en charge psychologique. Il faut chercher de l’aide à l’extérieur car ce sont des moments difficiles. Une FIV, c’est deux mois de traitement. A chaque fois, j’avais l’impression d’être à la fois enceinte et en ménopause, tellement les hormones sont chamboulées.

Vous savez qu’il a y des gens qui confondent don de gamette et clonage ! C’est encore très nébu­leux dans l’esprit du grand public.

Côté messieurs, il y a toujours eu des banques de sperme et ça ne choque personne. Mais dès qu’il s’agit d’ovules, on crie au scan­dale ! Pour­tant le don de gamette est le cadeau d’une femme à une autre femme et ça n’a rien de malsain. Malheu­reu­se­ment je crois que peu d’hommes peuvent le comprendre. Pour­tant, le bébé est l’enfant de l’amour, qu’il soit natu­rel, adopté ou fruit d’une assis­tance médi­cale !

Le pire je crois, c’est un article que j’ai lu un jour dans Libé où le jour­na­liste préten­dait que la PMA était une solu­tion de faci­lité quand la gros­sesse se faisait attendre. Et bien, j’ai envie de lui répondre : « Mon coco, tu vas venir avec moi et on va te faire vivre le parcours complet du combat­tant : pieds dans les étriers pendant des heures, char­cuté dans ton inti­mité, hystè­ro­gra­phies, hysté­ri­sco­pies, le ventre bleui par les piqu­res… Et tu verras au bout d’un mois et demi dans quel état tu te trouves ! »

J’aime beaucoup cette dernière phrase! Et je veux être là aussi pour mater le journaliste quand il pleurera sa race. Gniarck.

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Mais elle a aussi écrit un livre:

Pour le coup, je me laisserais bien tenter. Quelqu’un l’a lu?

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Et puis, en 2013, la fin du calvaire: Laurence est devenue maman (wikipédia parle d’adoption):

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